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Valeo, l’hybridation à moins de 800 euros !

Par le

Si chez Valeo on reconnaît la qualité écologique de la Toyota Prius (– 40 % de CO2/km), il n’en reste pas moins que pour l’équipementier la technologie hybride (essence/électricité) proposée par le véhicule japonais reste trop coûteuse pour véritablement démocratiser l’hybridation. « Le prix élevé des offres hybrides actuelles, coût par gramme de CO2 économisé, empêche leur généralisation » lâche sans détour Henri Trintiniac, directeur du programme véhicule électrique. Valeo a ainsi calculé que, sur la Prius, Toyota aurait approximativement investi entre 60 et 80 euros par véhicule et pour chaque gramme de CO2 gagné par kilomètre. Une somme difficilement admissible pour les constructeurs généralistes et leur segment de véhicules essence bas et milieu de gamme.
Ainsi, durant dix-huit mois, l’équipementier français s’est demandé quel modèle d’hybridation pourrait représenter le meilleur rapport coût/gain de CO2, en étudiant plusieurs solutions techniques. Diverses combinaisons mêlant architectures, technologies de moteurs électriques, batteries, usages… ont été explorées. De cette étude est né le système “Hybrid4All” qui, selon Valeo, optimise le rapport coût/gain écologique. Ce système embarque une batterie dédiée (stockeur d’énergie), un onduleur, un convertisseur de tension, une électronique de gestion et un unique moteur électrique de puissance réduite (12 kW). Ce dernier, refroidi par air, a surtout la particularité de fonctionner sous 48 V seulement. Une tension de bord qui pourrait devenir un standard d’après l’équipementier.
Une des grandes forces du Hybrid4All reste sa simplicité d’implantation : le moteur électrique se loge en lieu et place de l’actuel alternateur. En mode de fonctionnement électrique (sur de très courtes durées très favorables), c’est lui qui meut indirectement les roues motrices en entraînant, par le biais d’une courroie archirenforcée, tout le système mobile du moteur thermique. Il n’y a ainsi aucune adaptation de la transmission à prévoir. Seule la programmation de la gestion moteur thermique est partiellement à réécrire. La standardisation d’un tel dispositif s’en trouve donc facilitée.
D’après les calculs de l’équipementier, sa solution se chiffre à 30 euros le gramme économisé. L’Hybrid4All serait donc deux fois moins cher que les solutions d’hybridation concurrentes. Mais pour quels bénéfices ? Des essais établis sur un prototype de 207 Peugeot 1.6 l essence suralimenté à injection directe ont montré que l’Hybrid4All permettait une réduction de 15,5 % de CO2, soit un gain de 26 g/km. On est certes loin des 40 % de la Prius, mais le dispositif pourrait s’avérer très attractif – vendu aux constructeurs moins de 800 euros – pour des fabricants appelés à relever le défi en 2014 de l’Euro 6 : émettre en moyenne moins de 90 g/km de CO2 par véhicule en 2020 au risque de devoir payer une amende de 95 euros par gramme de CO2 supplémentaire.

Apparition dans quatre ans

Dans la pratique, la solution hybride de Valeo permet quatre fonctions. En mode tout électrique (jusqu’à 70 km/h), l’injection est coupée et le moteur électrique anime le moteur thermique et toute la chaîne cinématique. Précisons que la traction électrique ne dure que quelques secondes, le temps de vider la batterie qui, ici, est volontairement de basse capacité. Mais cette dernière est très fréquemment rechargée, notamment lors des freinages, où le moteur électrique joue alors le rôle d’une grosse dynamo (d’où un frein moteur accentué durant les phases de génération électrique). Une fois la batterie rechargée et dès que les conditions de conduite le permettent, le mode “ traction électrique ” s’enclenche. Lors de nos essais, sur 20 kilomètres, nous avons roulé par intermittence et sans nous en apercevoir 20 % du temps en mode électrique.
Autre atout de l’Hydrid4All, l’électrique peut soutenir le thermique, d’où plus de couple à bas régime, ce qui repousse d’autant le point de calage du moteur classique. Dernière possibilité et non des moindres : la fonction Stop & Start. Pilotée par le moteur électrique, celle-ci est améliorée. Le moteur thermique peut être coupé dès que la vitesse passe en dessous de 60 km/h si le conducteur enclenche le point mort. S’ensuit un roulage “ roue libre ” jusqu’à l’arrêt complet. De quoi combler les adeptes de la conduite écolo. Si avant l’arrêt une vitesse est passée, le moteur thermique redémarre en une fraction de seconde. D’après l’équipementier, l’Hybrid4All pourrait apparaître en petite série d’ici à quatre ans avec une généralisation dans huit ans.

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