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Enquête : Multimarquisme, le coming out des constructeurs
Interview : Olivier Legrand, Federal-Mogul
Astuce : L’hydrogène au service du décalaminage
Pièces : Bougie, le retour de l’essence !
Comparatif : Les crédits locatifs
Pannes : Le bilan du contrôle technique 2013

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Rapport de l’Autorité de la concurrence : les constructeurs peinent à répondre

par le

Lors d’une conférence de presse improvisée en fin de journée dans une salle VIP du Salon de l’auto, les constructeurs ont tenté de répondre au rapport de l’Autorité de la concurrence qui préconise depuis ce matin une libéralisation progressive du monopole de la pièce de carrosserie détenu depuis toujours par les constructeurs.

Patrick Blain, président du CCFA, était plutôt nerveux et peu à l’aise dans son exposé en réponse. Afin de se décontracter, il plaisanta sur un appel éventuel du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, le nommant sciemment et à plusieurs reprises “ Arnaud (de) Montebourg ”. Le ton était donné.

Encadré par le président du CNPA, Patrick Bailly, et le président de la CSIAM, Thierry Archambault, Patrick Blain a qualifié le rapport de l’Autorité de « diagnostic erroné qui sous-estime le vrai degré de concurrence de l’après-vente ». Dans cette argumentation, les constructeurs nous apprennent que les réseaux de marque ne représentent plus que 37 % de parts de marché dans l’après-vente… Une telle statistique est plutôt étonnante puisque chaque secteur d’activité du SAV positionne plutôt les constructeurs à hauteur de la moitié des parts de marché vis-à-vis des réseaux indépendants. Patrick Blain évoque aussi « une non-instruction des vrais problèmes de concurrence » de la part de l’Autorité. Et d’ajouter que «  la suppression de la protection au titre des dessins et modèles engendrerait une perte de 2200 emplois au profit des pays asiatiques et chinois ».

Au niveau des informations techniques, de la disponibilité des pièces, des prix recommandés et des garanties, le CCFA fournit très peu d’arguments sauf une moindre augmentation du prix des pièces au-dessous de l’inflation et le développement de la filière des pièces de réemploi. Rappelons toutefois que les pièces de réemploi en question n’ont jamais concerné les pièces captives, soumises à monopole.

La réponse des constructeurs était donc précipitée et hésitante. Personne ne s’attendait à une remise du rapport de l’Autorité de la concurrence avant la fin du Mondial de l’auto. On peut penser que les constructeurs vont entamer un lobbying plus efficace et plus discret auprès des pouvoirs publics pour se sortir de ce rapport qui bouleverse la donne de l’après-vente automobile.

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